09-04-19 / La boîte de Pandore

Vous connaissez cette histoire d’une boîte maudite refermant les pires ténèbres ? Chacun de nous s’est construit sa propre boîte au fil des coups et des années. Pour ma part cela fait bientôt un an que je me bats avec la mienne. Certains démons ne veulent pas y rentrer, et quand je parviens finalement à les enfermer, ils sont tellement puissants qu’avec peu d’effort ils soulèvent facilement le couvercle. C’est alors une lutte constante pour ne pas les laisser nous envahir et protéger tout ce qui l’entoure. Il est 5 heures du matin. Ne pensez pas que j’ai travaillé toute la nuit ou que je sois une habituée des réveils aux aurores. Ma nuit s’est terminée il y a quelques minutes. Ce texte (si il est publié) sera donc totalement décousu et manquera certainement de clarté (n’en voulez pas aux quelques neurones que j’ai réussi à convaincre de m’aider).

Voila un an que l’expression dormir sur ses deux oreilles est devenue totalement utopique pour moi. Personne n’est à l’abri de voir sa vie entière basculer en un instant, mais quand on l’a vécu on oublie jamais. Il paraît qu’avec le temps les choses s’arrangent et on apprend à faire avec (je reverrai pourtant de faire “sans”). Et si pendant quelques temps j’ai eu l’illusion d’avoir un vrai répis, ce n’était que parce que mes démons économisaient leurs forces pour mieux contre-attaquer. Les jours étaient redevenus plus doux, mes pensées plus lumineuses et un semblant de confiance refaisait même son apparition. Une confiance en lui, en nous et en moi. Cette presque normalité (comme avant le crash) n’est finalement jamais bon signe. La riposte se fait toujours plus puissante (comme un boomerang qu’on se prend en pleine face) et bien entendu mes protections moins préparées. Alors insidieusement les démons préparent leur coup et frappent au milieu de la nuit, quand mon esprit est alors totalement à leur merci.

Vous avez certainement déjà du faire ce genre de rêve, celui qui est tellement puissant qu’il n’y a plus de frontière avec le réel. Et bien cette nuit, la barrière a volée en éclat et c’est le ventre retourné, les poings serrés et les larmes plein les yeux que je me suis réveillée. J’aurai aimé me dire “ouf ce n’est qu’un cauchemars”, m’enfuir sous la couette, rassurer mon esprit et demander à Morphée un songe beaucoup moins tourmentant. Or ce n’est pas le cas. Ma boîte de Pandore s’est ouverte dans un immense fracas et j’ai ressenti dans chaque parties de mon corps le choc de l’impact subi il y a un an. Mais la douleur n’est pas le pire, les doutes et questions sont bien plus féroces. Et si… Cette angoisse de revivre à nouveau la même souffrance, d’être trahie à nouveau est réellement dévastatrice. Avec elle s’éteint toute envie, toute créativité et pas mal d’objectivité. C’est comme un virus dont on ne peut se soigner bien qu’il finisse parfois par passer (pour mieux revenir). Ce gouffre emporte tout sur son passage et peut importe ce que je fais, il finit toujours par gagner.

Alors voila, ma thérapie s’articule en quelques mots. Ces idées et émotions que je libère sur mon clavier. Avant, quand je soufrai ou que j’avais peur c’était toujours dans les bras de mon meilleur ami que j’allais me réfugier. Lui seul savait me rassurer et m’apaiser. Mais le bourreau ne peut décidément pas être le sauveur, je dois donc apprendre à survivre par moi même. On dit qu’il faut deux ans pour s’en remettre vraiment (un peu comme un cancer qui serait en rémission). Je n’en suis qu’à la moitié. Et même si je suis terriblement fatiguée et usée, je tente de garder espoir même là, maintenant après ce réveil brutal.


2 thoughts on “09-04-19 / La boîte de Pandore

  • Reply Titeno 25 avril 2019 at 10 h 29 min

    Quand je lis ton article, je pense à Alex.. Il en a souffert et je t’avoue encore maintenant, je pense que plus rien ne sera comme avant. Il a peur, peur que tout bascule à nouveau, et même si je le rassure, il a toujours peur, et c’ est normal, je ne lui en veut pas. Je dirais j’ ai encore de la chance de l’avoir à mes côtés, je me bats chaque jour, pour enlever cette peur, mais c’ est difficile. Mais je me battrai jusqu’au bout, car même si la séparation n’était pas loin. Ma décision a été murement réfléchie.
    J’ ai appris que l’ amour n’est jamais acquis. C’est une bataille chaque jour. Le dialogue est si important.
    Je suis de tout cœur avec toi Billie.

  • Reply 25 avril 2019 at 17 h 05 min

    Je lis régulièrement ton blog mais là je suis arrivée sur ce texte sans l’avoir vu venir… J’ai l’impression que j’aurais pu l’écrire, c’est très étrange et un peu déstabilisant. Je me sens très touchée par tes mots : bizarrement rassurée de ne pas être seule, même si je ne souhaiterais cette épreuve à personne, et pas trop rassurée de constater que cela prend vraiment du temps de se reconstruire (2 ans, vraiment ?! ). De se reconstruire ensemble (puisque malgré tout, on s’aime, comment va-t-on s’aimer, maintenant ?), et puis chacun de son côté, car finalement on chemine seul avec ça, et que le bourreau ne peut pas être le sauveur, en effet . Ca fait presque 6 mois pour moi. J’essaie d’avancer, de ne pas réveiller certaines pensées car des mois après, certains souvenirs me terrassent encore,moralement et physiquement (on la ressent d’abord dans son corps hein, la trahison ?) J’ai appris à vivre avec une certaine angoisse sourde au creux de l’estomac, la colère s’est peu à peu calmée, maîtrisée… Est arrivée la tristesse, qui n’est jamais tapie très loin, et lutter contre me demande beaucoup d’énergie. Restent les doutes, la perte de confiance, et les démons, oui, les foutus vieux démons . J’accepte les jours” sans”, les nuits courtes. Il y en a déjà moins, il y en aura encore moins, je l’espère, . J’accepte que la “normalité” ne soit plus aussi réconfortante. J’accepte parce que la vie sans lui, je ne peux pas l’envisager, même s’il n’est plus mon “lui” d’avant ; et que la vie sans moi, sans nous, il dit qu’il ne peut pas non plus. J’accepte aussi que de bonnes choses renaissent de cette crise terrible , même si le prix à payer me paraît injustement élevé pour moi. Je prends chaque jour à la fois, je me projette beaucoup moins .. Où j’en serai, où on en sera dans 6 mois, 1 an ? Très humblement, je dois avouer que je n’en sais rien, même si j’ai l’espoir qu’on ira bien. Et je vous le souhaite aussi .

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