J – 16 // Le paradoxe

Hello tout le monde !  Vous l’aurez compris, cet article n’aura pas vraiment de structure, mais au final parfois ça fait du bien de vous écrire comme je vous parlerai si vous étiez face à moi.  Ces derniers mois tout mon monde s’est mit à tourner autour de ce ventre grossissant et des petits habitants qui s’y sont installés. Une grossesse c’est toujours un chamboulement, autant pour les parents que pour le restant de la famille. Mais quand il s’agit de jumeaux c’est d’autant plus vrai.  J’avais déjà eu la chance de connaître les bouleversements d’une maternité avec tous les jolis et moins jolis effets qu’elle peut engendrer.  Je pensais donc être « rodée » et prête pour revivre tout ça bien plus sereinement cette fois.  Mais au final on ne peut jamais vraiment être prêt à vivre ce type d’aventure tant elle nous dépasse.  Voila 8 mois accomplis que je porte et transporte des vies, un peu comme un autocar en fait ^^ J’ai beau les sentir (et pas qu’un peu), voir leurs « petits » pieds se bagarrer et avoir eu des dizaines de rendez-vous via écran, je ne réalise toujours pas.  Moi qui ai besoin de tout prévoir, tout anticiper, j’appréhende le choc de la naissance, parce que quand ils seront dans nos bras je n’aurai plus d’autres choix que de les aimer et me sentir maman d’une tribu.

« Allez bientôt la fin, courage ! » « tu dois être impatiente »  voila les deux phrases qui rythment mes journées.  Il faut dire que cette grossesse dite « à risques » semble être devenue une sorte d’événement avec date à préciser.  Et avec mon visage bouffi, mes yeux cernés, mon ventre colossal et ma démarche de bobonne j’image fort bien que les gens doivent me souhaiter la « délivrance ».  Oui… mais… non… enfin pas tout à fait… Bien entendu cette grossesse aura été un vrai chemin de croix où on aura du lutter avec les multiples douleurs, les nerfs qui lâchent et les angoisses.  Et oui on se sent un peu rassuré de pouvoir en voir « le bout » parce que tout ça reste stressant.  Et en même temps, un peu comme la fin d’une grande randonnée où on a mal aux pieds mais où l’on savoure le paysage sachant que bientôt ce ne sera plus qu’un souvenir, je redoute la fin.  Cette grossesse sera certainement la dernière pour moi, et malgré tout je ne peux m’empêcher d’être déjà nostalgique de ce gros ventre qui m’accompagne partout.  J’appréhende aussi… Oui je vais pas vous mentir, « l’après » s’annonce aussi rude que les 8 mois précédents.  On s’est préparé au mieux, toutes les affaires les attendent, les armoires sont remplies et leurs places sont déjà faites… mais nous ?  Est il vraiment possible d’être prêts ?  Sachant que je ne fais plus de nuit complète depuis des mois, comment puiser de l’énergie dans une réserve qui fait déjà défaut ? Et notre grand Pixel, comment vivra-t-il tout ça ?  Pour l’instant c’est un petit homme plein de vie, heureux et épanoui… mais si tout cela le changeait ? Et nous, notre couple ?  Alors vient tout un tas de questions, de doutes et de peurs… Moi qui n’aime pas les changements, les prochains mois (années) s’annoncent intenses et faites d’apprentissages.

Alors voila, comme je n’irai pas jusque 40 sa (c’est pas conseillé pour une grossesse gémellaire), je décompte les jours jusqu’au 22 avril (38 sa) qui est le jour où j’aimerai accoucher.  Chaque jour en moins est une victoire même si désormais ils peuvent arriver en « sécurité » (plus qu’une semaine pour qu’ils ne soient plus considérés comme prématurés).  Aujourd’hui je suis donc à J-16, si j’avais pu imaginer il y a quelques mois qu’on arriverait à aller « aussi loin » je ne l’aurai pas cru.  Alors non, je ne suis pas à féliciter parce qu’au final j’ai la chance d’avoir un corps endurant et « fais pour faire des bébés ».  Mais je vide toujours le lave vaisselle, je jardine, je danse (parfois), je joue avec mon Pixel et avec mes boulets. Je fais attention et je suis à l’écoute des moindres signes de fatigue de mon corps mais je n’ai pas arrêté de vivre.  Non je ne suis plus la même… je suis vite essoufflée, je marche « aussi lentement que le gros Baymax » selon les dires de mon gentil fiston, les douleurs sont omniprésentes et j’arrive pas toujours à les surmonter avec le sourire… Mais j’ai de la chance je n’ai pas du être alitée ou traitée de façon médicale.  Et ça c’est vraiment une chance parce que je ne sais pas comme je l’aurai accepté (moi qui ne tiens pas en place).

Bref dans un peu plus de deux semaines ce ventre sera déserté pour découvrir les bras de papa, maman et Pixel.  Le temps file autant qu’il lambine, et moi je suis faite de paradoxes.

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billlie

5 thoughts on “J – 16 // Le paradoxe

  • Reply Syntia Marchal 6 avril 2016 at 9 h 17 min

    Ton article m’a replongé un an en arrière… Autant de questions que je me suis également posées avant l’arrivée de Charlie. Et je n’ai pu m’empêcher de pleurer. Mais je te rassure, avec le temps, ces doutes et ces questions paraissent idiots. Même si la fatigue se fait sentir plus souvent que pour un premier bébé, l’amour que ces petits être nous apportent permettent de soulever des montagnes et les doutes s’envolent. Et qui plus est, pour toi, ça sera puissance deux! Le tout est de bien s’entourer mais ça tu le sais et je pense que tu l’es. De penser à soi (chose que j’ai appris à mes dépends) et de trouver du temps pour son couple. Mais je suis certaine que tu trouveras l’équilibre parfait entre la merveilleuse maman( que tu es déjà) et que tu vas devenir d’ici peu, la femme et la compagne.
    C’est une merveilleuse et parfois douloureuse aventure qui prends fin pour laisser place à une nouvelle page à cinq. Mais je suis sûre que ce nouveau chapitre de votre vie vous comblera. Il sera intense et rempli de belles choses.
    Je vous souhaite beaucoup d’amour et de joie. De beaux moments en famille et entre amis. Du courage aussi car il en faudra c’est sur… Mais les belles choses ne sont jamais les plus faciles, tu le sais certainement.
    Bisous à vous 5

    • Reply Billie 6 avril 2016 at 12 h 01 min

      Ohhhh merci ma belle, ça me touche beaucoup <3
      Plein plein de bisous à vous 4 !

  • Reply Tonton Droop 6 avril 2016 at 9 h 20 min

    t’es une wonder mum paradoxale alors! :D <3

    • Reply Billie 6 avril 2016 at 12 h 01 min

      Merci tonton <3

  • Reply Lucie 6 avril 2016 at 19 h 53 min

    Je te lis régulièrement. J’aime ta prose et je suis moi même maman de jumelles ❤️ (mes premiers enfants).
    Alors pour faire bref: j’étais comme toi, impatiente de rencontrer mes bb mais sans hâte d’abandonner mon bidou. Par contre a aucun moment (je dis bien « aucun ») je ne me suis soucié de l’après, et notamment de la fatigue.
    Grave erreur ?
    Oh comme j’ai pleuré d’épuisement!! Et pourtant mon mari m’a aidé non stop, il avait posé son congé paternité à la suite des 7 jours de maternité.
    Mais je n’étais absolument pas préparée à la privation de sommeil, à l’épuisement physique.
    Alors un conseil: essaie de trouver une aide pour venir faire quelques nuits à domicile (si tu es en région parisienne ce sera facile): une étudiante infirmière, sage femme… Demande à la maternité ils auront peut-être des contacts.
    Je ne connaissais pas ce système de nuits à domicile. Et quand je me suis renseignée (au bout de 4 mois) impossible de trouver quelqu’un (et pourtant j’étais prête à payer le prix fort tellement j’étais au bout de ma vie!!).
    Alors si tu peux t’offrir le luxe « vital » de faire une nuit complète au moins 1x par semaine, n’hésite pas.
    Sinon t’inquiète pas, le meilleur reste à venir!!!
    Mes filles ont aujourd’hui 17 mois, je profite de mes nuits, et de ces 2 bonheurs.

    Je te souhaite une merveilleuse rencontre ?

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